marche pour le climat mars 2019 paris
Ecologie

Changement climatique, les lignes bougent. Enfin !

Agir plus tard, ce sera agir trop tard. C’est en substance l’appel lancé fin 2017 par plus de 15 000 scientifiques de 184 pays, soulignant l’état très dégradé de la planète et enjoignant responsables politiques et décideurs à tout mettre en œuvre pour préserver l’environnement et les écosystèmes. Ce cri d’alarme semble avoir marqué le début d’une nouvelle ère. Depuis plusieurs mois, les signes que les lignes commencent à bouger se multiplient. Petit tour d’horizon :

• La mobilisation des jeunes prend de l’ampleur
Grèves scolaires pour le climat, marches, désobéissance civile … Les jeunes du monde entier se mobilisent pour alerter sur l’urgence climatique, bien décidés à secouer l’apathie des politiques et à prendre leur avenir en mains. L’activiste suédoise Greta Thunberg, figure de proue de ce mouvement planétaire, a reçu en juin 2019 le prestigieux prix d’«ambassadrice de conscience» décerné par Amnesty International.

• La judiciarisation de la lutte contre le changement climatique est croissante
Etats et compagnies sont de plus en plus poursuivis pour leur contribution au changement climatique ou leur inaction climatique. Citons deux exemples, parmi des centaines d’autres. A l’instar de plusieurs villes de Californie, la ville de New-York poursuit cinq grandes sociétés pétrolières – BP, Chevron, ConocoPhillips, Exxon Mobil et Royal Dutch Shell- pour « contribution au réchauffement de la planète » et réclame plusieurs milliards de dollars de dommages et intérêts. En France, « l’affaire du siècle » menée par 4 ONG –Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France- , poursuit l’Etat français pour action insuffisante contre le réchauffement climatique. Elle a été soutenue par près de 2,2 millions de pétitionnaires, un record en France.

• Le risque climatique pèse davantage sur les marchés financiers
Après le charbon, le fonds souverain norvégien -le plus important au monde (avec plus de 1000 milliards de dollars d’actifs), a décidé en mars 2019 de ne plus investir dans le pétrole et le gaz .134 entreprises du secteur seront progressivement exclues du portefeuille du fonds. C’est un signal fort adressé aux banques privées et aux investisseurs, dont les actifs pétroliers et gaziers vont devenir de plus en plus risqués et difficiles à justifier moralement.

• Des entreprises sont montrées du doigt pour leur manque de transparence sur leur performance environnementale
Plus de 700 sociétés exerçant dans 46 pays ont été épinglées par le Carbon Disclosure Project (CDP), une organisation non gouvernementale à but non lucratif, pour leur manque de transparence concernant l’impact de leurs activités sur le changement climatique, la sécurité de l’eau et les forêts. Parmi elles, Amazon, Volvo, Alibaba, Qantas Airways … Cette opération de « name and shame » est d’envergure, puisque plus de 7 000 entreprises et 620 villes ont répondu au questionnaire envoyé. Ces données du CDP, fiables et comparables, permettent aux grands fonds de pension, gestionnaires d’actifs, ou assureurs, d’investir dans les entreprises les plus respectueuses de l’environnement.

• Les écologistes font une percée historique aux européennes de mai 2019
Une vague verte parcourt l’Europe et l’urgence climatique a été un enjeu majeur des élections européennes. En France, la liste d’Europe Ecologie-Les Verts, avec 13,47% des suffrages, est devenue la première force politique de gauche- devant La France insoumise et le PS-, et la troisième force politique de France. Les électeurs, conscients du poids de l’Europe en matière de réglementation sur la protection de l’environnement (qualité de l’air et de l’eau, protection des espaces naturels, interdiction de la pêche électrique…), s’en sont remis aux Verts pour faire de l’écologie, préférant l’original à la copie. Des scores à deux chiffres ont été atteints dans de nombreux autres pays (Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Belgique, Danemark, Finlande, Autriche, Suède, République Tchèque, Lituanie). Les Verts devraient pouvoir jouer un rôle pivot pendant la législature.

• Des journaux comme The Guardian adoptent un langage plus musclé et dramatique
Les journalistes doivent désormais parler d’urgence ou de crise climatique, et non pas de changement climatique, et troquer le terme de climato sceptiques contre celui de négateurs de la science climatique. Bien nommer les choses, c’est déjà un premier pas. Ajoutons que le journal a désormais dans sa page météo une colonne pour mentionner le niveau de dioxyde de carbone [CO2] présent dans l’atmosphère, qui ne cesse malheureusement de grimper.

Cette convergence d’actions et d’intérêts saura-t-elle amplifier la prise de conscience et accélérer à temps la lutte contre le changement climatique ? Il est urgent de comprendre que tout est lié, environnement, économie, bien-être, santé, paix…

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