Accueil

Par passion, je me suis spécialisée depuis 2009 dans l’environnement et le développement durable. La communication y est un enjeu majeur. Changement climatique, biodiversité, énergie, sécurité alimentaire, eau, santé… Les problématiques sont complexes, l’information et la sensibilisation sont au cœur du changement. Il faut non seulement savoir-faire (produire des biens et des services innovants, adopter des pratiques écoresponsables), mais aussi faire savoir (vulgariser les connaissances, informer « utile », partager les expériences et les bonnes pratiques). Il y a urgence à agir vraiment, parce qu’il n’y a pas de plan B et que notre Terre, si belle, mérite d’être davantage aimée et protégée.

Découvrir les articles liés à l’écologie.

caroline_barth_ecologie
caroline_barth_ecologie

Par passion, je me suis spécialisée depuis 2009 dans l’environnement et le développement durable. La communication y est un enjeu majeur. Changement climatique, biodiversité, énergie, sécurité alimentaire, eau, santé… Les problématiques sont complexes, l’information et la sensibilisation sont au cœur du changement. Il faut non seulement savoir-faire (produire des biens et des services innovants, adopter des pratiques écoresponsables), mais aussi faire savoir (vulgariser les connaissances, informer « utile », partager les expériences et les bonnes pratiques). Il y a urgence à agir vraiment, parce qu’il n’y a pas de plan B et que notre Terre, si belle, mérite d’être davantage aimée et protégée.

Découvrir les articles liés à l’écologie.

caroline_barth_bien_etre

Nous aspirons tous au bien-être et je trouve formidable de pouvoir partager des informations, des expériences, des bonnes pratiques, et d’apprendre aussi des autres. La vie est faite de rencontres et de connexions, parfois incroyables. Et même des coups durs peuvent se révéler des opportunités pour apprendre, élargir l’horizon et le champ des possibles. Mon approche se veut holistique et sans œillères. Et ma conviction profonde est que nous sommes des acteurs clefs de notre santé et de notre bien-être.

Découvrir les articles liés au bien-être.

caroline-barth-et de-arbre-de-nos-vies-la-seve-perle-encore

Écrire a toujours été pour moi une respiration, un besoin vital, afin d’interroger le monde dans ses évolutions, de raconter les autres et leurs différences, de décrire la vie dans toute sa richesse et sa complexité. Auteure de deux livres, « Quand l’ordre règne » (avec Richard Vargas, éd. Mango) et « Ile Maurice Passions » (Photos Elie Bernager), j’explore dans ce premier roman, « Et de l’arbre de nos vies la sève perle encore », les liens qui nous relient, au-delà de l’absence et du temps.

Découvrir le livre Et de l’arbre de nos vies la sève perle encore
Explorer les articles relatifs aux livres.

Conseil et stratégie, graphisme, contenus éditoriaux, communication digitale, vidéo, photo, relation presse, évènementiel… Chaque projet est spécifique. Depuis 2009, j’ai affûté mon expertise dans le montage d’équipes et l’assemblage des compétences pour offrir le dispositif de communication le plus créatif et pertinent.

Voir mon Profil et mon Portfolio

caroline_barth_communication
caroline_barth_communication

Conseil et stratégie, graphisme, contenus éditoriaux, communication digitale, vidéo, photo, relation presse, évènementiel… Chaque projet est spécifique. Depuis 2009, j’ai affûté mon expertise dans le montage d’équipes et l’assemblage des compétences pour offrir le dispositif de communication le plus créatif et pertinent.

Voir mon Profil et mon Portfolio

Articles


Nous sommes à un moment charnière. D’un côté, il faut relancer la machine économique, sous peine d’écroulement (avec des conséquences désastreuses sur le plan économique et social), comme l’a rappelé le Premier ministre Edouard Philippe, dans son allocution du 28 avril 2020. De l’autre, il faut reconstruire sur d’autres bases, pour renforcer notre résilience face au changement climatique et à d’autres crises qui se profilent. Quels sont les risques en jeu, mais aussi les opportunités à saisir ? Quels sont les leviers à actionner pour accélérer la transition écologique ? Les risques d’une relance grise ou brune Des lobbies actifs pour assouplir les normes environnementales Partout dans le monde, des lobbies s’activent, particulièrement ceux de l’automobile et de la chimie, pour pouvoir relancer la machine en toute tranquillité. Un moratoire demandé par le MEDEF Le Canard enchainé a révélé un courrier début avril du président du MEDEF (la principale organisation patronale française), dans lequel Geoffroy Roux De Bézieux réclamait au ministère de la Transition écologique le gel de certaines mesures environnementales impactant les entreprises pour cause de coronavirus, notamment la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. Ce à quoi la ministre Elizabeth Borne a rétorqué qu’il était hors de question de reporter sine die telle ou telle mesure et que la crise sanitaire ne remettrait pas en cause la transition écologique.  https://bit.ly/3b59iU5 Le nouveau pacte vert européen sous pressions Présenté en décembre 2019 par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le Green New Deal européen subit également des pressions importantes, notamment de la part de certains pays comme la Pologne et la République tchèque, très dépendants des énergies fossiles. Ce pacte vise la neutralité carbone de l’Europe en 2050, et passe par une révision à la hausse des réductions des émissions de CO2. https://bit.ly/3b9imHs L’administration Trump  au secours de l’industrie du pétrole et du gaz Aux Etats-Unis, l’Agence pour la protection de l’environnement a annoncé qu’elle ne sanctionnerait pas les entreprises ne respectant pas les règles limitant les rejets polluants dans l’atmosphère et dans l’eau, si ce manquement peut être attribué à la pandémie. https://bit.ly/2YGwo0y La Chine a rallongé les délais accordés aux sociétés pour se conformer aux normes environnementales (https://reut.rs/2SWhAHJ). Et selon le Global Energy Monitor, la Chine a également approuvé les trois premières semaines de mars autant d’usines à charbon que sur toute l’année 2019. L’impact de la baisse spectaculaire des prix du pétrole Dans le pire des scénarios, les émissions pourraient repartir encore plus fortement à la hausse dès la fin du confinement, en raison de la baisse spectaculaire des prix du pétrole qui encourage “les acteurs économiques, mais aussi les citoyens, à reprendre de plus belle leurs habitudes et pratiques carbo-intensives”, alerte l’économiste Eric Vidalenc sur son blog d’Alternatives économiques. (https://bit.ly/2SFAAd0 ) Les risques d’amnésie collective Dans la série de podcasts « Les jours d’après » réalisée par We demain, le physicien et philosophe des sciences Etienne Klein met en garde contre l’amnésie collective qui suit souvent les pandémies. « Presque toutes les pandémies des siècles passés ont enclenché après leur achèvement des mécanismes d’amnésie collective. Il s’agissait de laisser loin derrière soi les traumatismes qui avaient accompagné la catastrophe. Du coup, les leçons qui auraient pu en être tirées n’ont pas été retenues, elles ont été refoulées, la priorité c’était de réactiver la vie d’avant, de façon encore plus frénétique. » Il termine cependant sur une note positive : « Il se pourrait bien que le petit coronavirus nous donne l’occasion d’échapper à cette apparente fatalité.» https://bit.ly/35CoUgL Les difficultés pour changer de logiciel de vie Les émissions de CO2 devraient enregistrer une chute spectaculaire de l’ordre de 5,5 % au niveau mondial en 2020. Cette baisse massive (et temporaire) des rejets carbonés (entre 5 et 15% pour la France) est pourtant inférieure à ce qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Cela donne une idée de l’ampleur de la tâche, note le journal le Monde. (https://bit.ly/2xIjzIa). Damien Carême, député européen (EELV), ex maire de Grande-Synthe et président de l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants, explique dans un autre podcast de We Demain, que sortir « du cycle infernal » actuel ne sera pas simple. Demain, propose-t-il, chacun devra avoir un compteur carbone qui le suivra toute la vie, prendre le train plutôt que l’avion pour faire un Paris-Lyon, oublier la voiture pour les voyages individuels. Il faudra « créer des territoires nourriciers, consommer moins (…) interdire l’obsolescence programmée matérielle et immatérielle, intégrer dans les prix les externalités négatives, créer une école émancipatrice ». https://bit.ly/3djdroP Des recommandations pour flécher la sortie de crise en vert Les tensions risquent d’être fortes et les arbitrages difficiles entre économie et climat au cours des prochains mois. Ce qui explique la vigilance de certains élus, experts, ONG, think tanks et citoyens, qui donnent de la voix pour que les investissements soient fléchés en vert. Isabelle Autissier (WWF France): « L’Etat doit soutenir en priorité les entreprises éco-responsables » Toujours dans cette série de podcasts de We demain, la présidente de WWF France demande que les milliards qui seront déversés sur l’économie aillent en priorité vers les entreprises « qui nous permettent d’accéder à plus de résilience climatique et environnementale. Soutenir par exemple les énergies renouvelables plutôt que fossiles, les transports collectifs plutôt qu’aériens, l’agriculture de proximité créatrice d’emploi, plutôt que l’élevage intensif où les animaux confinés se contaminent très vite. (…) Ramener en France et en Europe la culture des protéines végétales au lieu d’aller couper la forêt amazonienne pour cultiver du soja et nourrir des vaches ici. Manger moins de viande et avoir ici nos champs de légumineuses qui sont d’ailleurs meilleurs pour nos sols, encourager les résiliences des collectivités parce qu’elles ont un rôle extrêmement important à jouer dans la vie de tous les jours. » (https://bit.ly/3dj2Ry4 ) « Climat, santé, mieux prévenir, mieux guérir », selon le Haut Conseil pour le Climat (HCE) En 18 recommandations, cette instance indépendante composée de chercheurs et d’économistes, prône un fléchage des aides vers les filières bas-carbone, une planification de la neutralité carbone dans les secteurs soutenus et une conditionnalité des soutiens financiers aux secteurs sinistrés à des plans précis en faveur du climat. (https://bit.ly/3fnqnvH) Recommandations que le Sénat a ignorées, s’indignent Les Amis de la Terre, Greenpeace France et Oxfam France, en refusant d’imposer aux grandes entreprises des conditions environnementales strictes pour leur recapitalisation par l’État.https://bit.ly/2W6Pziw  Interrogée dans l’émission ‘Le virus au carré’ de Mathieu Vidard sur France Inter, la présidente du HCE, Corinne Le Quéré enfonce le clou : « il faut repenser la fiscalité et taxer les énergies fossiles exonérées de plusieurs milliards d’euros en France, ce qui pourrait servir à renflouer de plusieurs milliards nos déficits qui vont exploser dans les semaines et mois à venir. Le plus important c’est de redresser le signal prix, il n’y en a plus, les énergies fossiles sont vraiment très basses et c’est le moment de supprimer les subventions aux énergies fossiles (…) pour inciter les consommateurs à acheter des produits bas carbone. » https://bit.ly/35zEF7Y Leviers et opportunités Une occasion historique de mettre fin à notre addiction au pétrole Dans un éditorial, le journal Le monde souligne deux choses. D’abord, la baisse du prix du pétrole qui rend les alternatives aux énergies fossiles automatiquement moins compétitives, n’est que temporaire. En effet, seul le pétrole non conventionnel (ex. sables bitumineux au Canada ou pétroles de schiste aux Etats Unis) est en croissance, et ses coûts de production sont devenus exorbitants. Ensuite, l’Europe « en réduisant fortement sa consommation de pétrole, peut à la fois limiter drastiquement ses émissions de CO2 et se libérer de sa dépendance vis-à-vis des Etats producteurs. (…) Cette transition est d’autant plus souhaitable que les pays européens ont les moyens industriels et politiques de la mettre en œuvre. Pour cela, l’Union européenne doit être plus offensive afin de rebâtir sa souveraineté dans les énergies renouvelables et développer les modes de transport et les infrastructures pour accompagner ce mouvement. Ce projet devra être au cœur du gigantesque plan de relance qui sera nécessaire afin de sortir de cette crise.» https://bit.ly/35DiI7S Des plans de relance massifs capables de structurer l’économie A coup de centaines de milliards de dollars, les pouvoirs publics peuvent agir sur l’appareil productif, et orienter le monde dans lequel nous allons vivre. Selon Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) interviewé par le journal The Guardian, 70 % des investissements mondiaux dans l’énergie propre viennent des gouvernements, soit par le biais de financements publics directs, soit en réponse à des politiques telles que des subventions ou des taxes. Il rappelle aussi que chaque année, les subventions gouvernementales aux combustibles fossiles totalisent dans le monde 400 milliards de dollars. https://bit.ly/3fsygjp Les énergies renouvelables, vecteurs de création de richesses et d’emplois Dé-carboniser les systèmes énergétiques grâce aux énergies renouvelables pourrait augmenter le PIB mondial de 98 000 milliards dollars  et quadrupler le nombre d’emplois dans ce secteur, pour atteindre 42 millions d’ici 2050, estime l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), dans un rapport publié le 20 avril 2020. Certes, cette stratégie nécessiterait un investissement total de l’ordre de 130 000 milliards de dollars , ce qui n’est pas rien. Mais cet investissement serait très rentable, puisque chaque dollar investi pourrait rapporter entre 3 et 8 dollars. Cela réduirait les émissions de dioxyde de carbone de l’industrie de l’énergie de 70 % d’ici 2050, et permettrait aux pays d’être sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et ceux de développement durable des Nations unies. Sans compter les bénéfices en termes de santé et de bien-être. https://bit.ly/3bfrCdj Un contexte très différent de 2008 Rien à voir avec la situation prévalant au moment de la crise financière de 2008, souligne le journal Le Monde : « Les dirigeants savent qu’ils ne peuvent plus faire l’impasse sur la lutte contre le réchauffement climatique, alors qu’ils se trouvent de plus en plus sous la pression des opinions publiques, pour qui l’environnement est l’une des principales préoccupations. Les technologies d’efficacité énergétique, les moyens déployés pour une mobilité durable et la production d’énergies renouvelables ont fait des progrès spectaculaires. Il s’agit de solutions matures, de plus en plus compétitives. » https://bit.ly/35D0NP2 C’est ce que pense aussi Laurence Tubiana, dans ‘les entretiens confinés’ de la Terre au carré sur France Inter. La directrice de la Fondation européenne pour le Climat et coprésidente du Comité de gouvernance de la Convention citoyenne pour le climat voit trois raisons d’espérer un changement de modèle économique: « 1/ les technologies sont compétitives et disponibles, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans ; 2/ la société est prête et le demande ; 3/ on a une opportunité fantastique, les taux d’intérêts sont à 0, voire négatifs dans certains cas, et donc on peut s’endetter pour l’avenir, à condition qu’on s’endette dans la bonne direction. » https://apple.co/2L3nToa   Invité du Grand Entretien de la matinale de France Inter, le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire a répété que ce serait une erreur historique de négliger des règles environnementales pour faire redémarrer l’économie, « au contraire, c’est en investissant dans la transition écologique et le respect de l’environnement que nous construirons une économie qui sera ‘décarbonée’, à la pointe du progrès et compétitive.» ( https://bit.ly/2L3opCC ) Changement de ton opportun, pour atténuer les critiques émises lors des premiers soutiens financiers à Air France et Renault, ou changement de paradigme ? Allons-nous, comme le confie l’écrivain Michel Houellebecq sur France Inter, nous réveiller après le confinement, non pas dans un nouveau monde, mais « dans le même, en un peu pire »? https://bit.ly/3fqiVjp. Ou transformer cette crise sanitaire en crise salutaire, comme l’espère Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’écologie, interrogé dans la matinale de France Inter ? « L’Histoire nous convoque, il y a un cap de civilisation. On peut donner les premières notes de la symphonie mondiale de demain. L’Europe peut être l’espace providentiel pour faire jaillir un monde radical en humanité et en solidarité. Mais pour cela, il faut mettre fin à un système qui pille, qui…

arbre de vue au Sénégal

La crise sanitaire provoquée par le covid-19 fait de nouveau émerger la notion des biens communs. Selon une étude récente, nombreux sont les Français qui souhaitent non seulement la reconquête de la souveraineté collective (essentiellement via l’Union européenne), le dépassement de la société de marché (en mettant fin notamment à la recherche permanente de rentabilité), mais aussi la sanctuarisation des biens communs. Qu’est-ce que cette notion recoupe ? En quoi diffère-t-elle des communs ? Pourquoi leur accorde-t-on aujourd’hui une telle importance ? Et comment pourrait-on mieux les protéger ?   D’après cette étude, publiée le 31 mars 2020, les Français souhaitent une sanctuarisation des biens communs indispensables à tous, qu’il sera interdit de fragiliser à l’avenir : parmi ceux-ci, on retrouve les hôpitaux publics (91 %) ou la Sécurité sociale (85 %), mais également l’accès à l’eau et à un air de qualité (88 %), la biodiversité (76 %) et l’Éducation nationale (82 %). (https://bit.ly/2yy8qcW ) Le covid 19 a fait ressortir la notion des biens communs du chapeau, sous différentes formes. La santé humaine est un bien commun universel, dont il faut assurer une gestion commune, à l’échelle mondiale. « De quel « droit » finalement, imposer le confinement à l’humanité entière ? ( …). Du droit à la préservation universelle des biens communs de l’humanité que sont son air, son eau, son alimentation et sa santé. L’humanité a des biens communs.» ( https://bit.ly/2wZMQgX ) Il faut améliorer la gestion d’autres biens communs, des ressources naturelles cruciales pour l’avenir de l’humanité (biodiversité, air, eau, forêts, océans etc°), en tenant compte du concept « One Health » (« Une seule santé »). La santé humaine interagit en effet avec la santé animale et végétale, ainsi que celle des écosystèmes. Deux chiffres, parmi d’autres, permettent d’illustrer ces interactions: 60% des maladies infectieuses (et 75% des maladies émergentes) sont d’origine animale, et  31 % des épidémies telles que les virus Ebola, Zika et Nipah sont liées à la déforestation (https://bit.ly/2XUDFcR) Certains services publics essentiels (santé, éducation), devraient être érigés en biens communs, pour empêcher leur dégradation. Des ressources logicielles sous licence ouverte sont actuellement mises à disposition par des institutions et entreprises, pour constituer un patrimoine commun et lutter contre ce fléau. On parle même de bien commun collectif (et non d’une marchandise pour des acteurs privés) pour qualifier les données personnelles privées qui pourraient être récupérées, de manière temporaire, dans le cadre d’une application de géolocalisation destinée à endiguer l’épidémie. (https://bit.ly/3cIsmZc ) Communs et biens communs mondiaux On le voit, les biens communs regroupent une pluralité de situations. Comme les communs, d’ailleurs. Qu’y a-il de commun entre des jardins partagés valorisant des friches urbaines, des recycleries, des logiciels libres, des encyclopédies en ligne (Wikipédia), des Fablabs (regroupant des outils numériques pour en partager l’usage), ou encore des communautés d’usagers instaurant des règles communes de gestion et de partage de l’eau ? Quelle différence peut-on faire entre les communs et les biens communs, notamment mondiaux ? Les communs Benjamin Coriat attribue trois caractéristiques clefs aux communs : Une ressource en accès partagé, tangible ou intangible (ex. Wikipédia). Un ensemble d’acteurs, de communautés, d’individus, qui ont des droits sur ces ressources (d’usage, d’accès, de revente, de copie…) Une structure de gouvernance pour assurer la préservation de la ressource et sa qualité Les biens communs mondiaux La principale différence entre les communs et les biens communs mondiaux (comme l’atmosphère, les océans-la haute mer-, le climat, la biodiversité…), c’est que les ressources de ces derniers ne sont pas gouvernées. Un exemple parmi d’autres, les eaux profondes des océans échappent à toute réglementation et la pêche industrielle est en train d’y faire des ravages avec ses immenses filets, lourdement lestés, qui raclent le fond des océans jusqu’à 2000 mètres de profondeur. Au rythme actuel, et en tenant compte d’autres facteurs comme l’acidification et le réchauffement des océans, il pourrait ne plus y avoir de faune halieutique comestible dans les océans vers 2050.   Pourquoi le concept de communs est-il devenu si important ? La notion des biens communs ne date pas d’hier, puisque l’américaine Elinor Oström a été la première femme à recevoir le prix Nobel d’économie en 2009 pour son travail sur les communs (Gouvernance des biens communs, pour une nouvelle approche des ressources naturelles, Éd. De Boeck). Les individus ayant accès à des ressources partagées peuvent selon elle les préserver et parvenir à une allocation efficace, en élaborant des règles formelles ou en s’appuyant sur des règles informelles, pratiquant ainsi l’auto-gouvernance. « Sa thèse se fonde sur la critique de trois modèles de comportements collectifs qui prédisent que les individus sont incapables de gérer une ressource commune : la tragédie des biens communs de Garrett Hardin, le dilemme du prisonnier et la Logique de l’action collective de Mancur Olson.». (Wikipédia). « Les gens confrontés à la nécessité d’assurer et de préserver un commun vital à leur survie ont bien plus d’imagination et de créativité que ce que les institutions peuvent avoir dans un regard non empirique et hors sol. », dit-elle. Un essor à l’échelle locale Si le concept des communs n’est pas nouveau, il est l’objet d’un engouement très fort observé ces dernières années. L’économiste français Benjamin Coriat parle de nouvel âge des communs dans le livre qu’il a co-écrit avec Nicole Alix, Jean-Louis Bancel et Frédéric Sultan (« Vers une république des biens communs », Ed. Les Liens qui libèrent, 2018). Des initiatives essaiment un peu partout, faisant appel à la démocratie participative, à l’intelligence collective et à la co-construction de solutions. Récemment, les Français ont été invités à faire des propositions jusqu’au 25 mai pour répondre à la question : « Crise Covid-19 : Comment inventer tous ensemble le monde d’après ? ». Les organisateurs de cette initiative, parmi lesquels figurentWWF, La Croix-Rouge française, le groupe SOS, UnisCité, expliquent ainsi leur démarche « Les priorités de la reconstruction dépendent de nous. La garantie des biens communs, l’assurance d’une transition vers un modèle plus solidaire, résilient aux risques climatiques et écologiques, soutenable et protecteur des citoyens, la protection de la biodiversité, ainsi que des systèmes démocratiques qui associent pleinement la participation de toutes et tous et le respect des droits fondamentaux sont essentiels pour éviter de nouvelles crises ». (https://www.inventonslemondedapres.org/ ) Un élargissement des communs à des ressources planétaires pour lutter contre leur privatisation et la montée des inégalités Le vivant est devenu brevetable, connaissances et gènes humains compris. Face à la violence de la privatisation, à la marchandisation des biens et services publics et à la prédation accélérée de l’homme sur les ressources naturelles (semences, terres, minerais rares, forêts…), entraînant des phénomènes d’exclusion et de destruction, la préoccupation de « l’accès » à ces ressources est devenue fondamentale. La notion des communs, au départ très ancrée au niveau local, s’est élargie à certaines ressources planétaires, introduisant la notion de démocratie participative, et plus particulièrement de participation des  plus vulnérables à la gestion des communs.   Comment préserver les biens communs ? Une Université du bien commun a été lancée à Paris en octobre 2017 pour essayer, à travers des rencontres, des ateliers et des débats, de mieux articuler l’analyse et la recherche avec des pratiques de terrain et des initiatives en cours sur les biens communs. L’objectif est de repenser la société, le rôle de l’Etat, et de la démocratie, en explorant les différents champs où les biens communs opèrent (droit, économie, anthropologie, philosophie, histoire, sciences, technologies, agriculture, numérique…). https://www.facebook.com/Universit%C3%A9-du-bien-commun-2187371374822819/ « Sans protection, les biens communs se privatisent » Dans l’émission « Matières à penser » sur France Culture, Benjamin Coriat fait référence à l’Italie, où plus de 128 villes ont développé des communs, parfois plusieurs dizaines de communs. Là-bas, des juristes ont travaillé sur des chartes (comme celle, emblématique, de Bologne), qui permettent une co-gouvernance urbaine répondant aux besoins fondamentaux de la population, en développant l’économie coopérative locale et les collaborations entre les secteurs public, privé et commun. (https://bit.ly/2x1wbtr). L’Etat a aussi un rôle à jouer, à la fois pour créer le cadre juridique propice à l’émergence des communs, encourager la participation de la société civile dans leur gestion et garantir le droit d’accès de tous à ces ressources, excluant leur privatisation et préservant leur intégrité. « Il faut instituer les communs comme entité juridique. Ce qui est parfaitement possible dans la Constitution française, puisqu’ils ont déjà une existence dans le Code civil de 1804. Simplement, ils sont ignorés. Or, sans protection, les communs se privatisent, comme avec Airbnb ou Blablacar. », nous dit Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS, et ex économiste en chef de l’Agence française de développement. ( https://bit.ly/3eDJ3Hj ) Une protection plus difficile à l’échelle mondiale Prenons la forêt amazonienne. Les incendies de l’an dernier, dont certains étaient allumés par des hommes pour l’exploitation commerciale des terres (provoquant des tensions entre agriculteurs et population autochtone) ont ému l’opinion internationale. Ce « poumon du monde » est-il un bien commun, comme l’a souligné le président français Emmanuel Macron, allant à l’encontre de son homologue brésilien Jair Bolsonaro, qui revendique la souveraineté de son pays sur les 60% de forêts amazoniennes qui se trouvent sur son territoire ? Autre exemple, les semences, à l’origine des fruits et légumes que nous mangeons, peuvent-elles être accaparées par quelques multinationales ? Ou sont-elles des biens communs à protéger, pour le bénéfice de tous ? Quand on aborde les biens communs mondiaux, leur gouvernance nécessite une articulation à différents niveaux, du local à l’international en passant par le régional, avec des normes et des règles fixées collectivement, et des institutions mondiales capables d’administrer ces biens et de les faire respecter. Ce qui est loin d’être simple. On l’a vu avec l’OMS et le covid-19. On le voit en matière de lutte contre le changement climatique. Que vaut l’accord de Paris de 2015, avec le retrait des Etats-Unis (second pays le plus émetteur de gaz à effet de serre) et en l’absence de sanctions fortes ? Que vaut la fiscalité carbone, quand l’OCDE nous apprend que « plus de deux tiers des émissions de gaz carbonique des pays industrialisés et émergents échappent à toute forme de fiscalité » et que les prix du carbone ne dépassent le prix plancher de 30 euros la tonne de CO2 (la valeur considérée comme l’estimation basse du coût climatique des émissions de carbone) que dans 4 pays (Danemark, Norvège, Pays-Bas et Suisse) ? (https://bit.ly/2S10wzy ) Difficile certes, mais pas impossible. L’exemple de la couche d’ozone. Le rétablissement de la couche d’ozone est un exemple de coopération internationale réussie. « En 1985, des scientifiques découvrent un immense trou dans la couche d’ozone de la taille de l’Amérique du Nord au-dessus de l’Antarctique. Deux ans plus tard, une vingtaine de pays se mettent d’accord pour réduire, puis bannir, les CFC, gaz responsables du trou. Il s’agit du protocole de Montréal, le premier accord écologique international et le premier traité à atteindre la ‘ratification universelle’. Trente-quatre ans plus tard, la couche d’ozone se reforme… » ( https://bit.ly/2VtcR1K ) Donner des droits à la Nature pour mieux les protéger A l’échelle des Etats, la société civile se mobilise pour octroyer aux écosystèmes une personnalité juridique, afin de les protéger contre les pollutions, les dégradations ou les tentatives d’accaparement, et de pouvoir défendre leurs intérêts en justice.  Depuis quelques années, il y a eu de réelles avancées. On peut citer notamment l’introduction en Equateur (2008) et en Bolivie (2010) d’une reconnaissance officielle des droits de la Nature ou Terre-mère dans leurs constitutions. En Nouvelle Zélande, le parlement a entériné en 2017 des accords passés entre une communauté maorie et le gouvernement, faisant du fleuve Whanganui une personne légale, et instituant une co-souveraineté permettant de veiller sur son intégrité, et celle de son bassin versant…La forêt amazonienne s’est vue octroyer par la Cour suprême colombienne le statut de personnalité juridique, en mai 2018, ce qui lui permet de se défendre contre le déboisement. Accélérer la justice climatique Autre évolution notable, les poursuites qui se sont multipliées ces dernières années contre des Etats et des compagnies pour leur contribution au changement climatique ou leur inaction climatique. Citons en France, « l’affaire du siècle » menée par 4 ONG –Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France- qui poursuit l’Etat français pour action insuffisante…

carolinebarth-lejourd'après-pacte vert

Nos vies se sont mises sur pause, confinement oblige. La nature, longtemps malmenée, épuisée, reprend ses droits. Elle respire, pendant que nous retenons notre souffle. A quoi ressemblera le jour d’après ? Allons-nous utiliser ce temps de confinement pour en faire un moment de vérité, changer nos priorités et notre rapport au monde ?   Nous vivions dans un monde en surchauffe, croulant sous l’infobésité, et valorisant la suractivité. Le confinement nous offre un temps à part, une parenthèse. Certains s’étourdissent devant des jeux vidéo, des séries ou des films, pour « éponger » l’angoisse. D’autres sont tétanisés par les nouvelles anxiogènes et l’incertitude sur l’avenir. Quand sortirons-nous de cette crise et avec quelles conséquences ? « Chaque mois de confinement coûte entre 2 et 3 point de PIB », estime Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne. Quand pourrons-nous reprendre nos activités et serrer nos proches dans nos bras ? D’autres encore utilisent ce temps de ralentissement pour prendre du recul, réfléchir aux bouleversements en cours, interroger la pertinence de notre modèle de société, de nos valeurs, faire le tri entre envies et besoins, revenir à l’essentiel et prioriser les changements à opérer… La crise du coronavirus nous fait voir le monde différemment Au-delà des dépendances et interdépendances qu’elle révèle, la crise liée au coronavirus nous fait voir le monde sous de nouveaux angles. Un bain révélateur de nos arrogances L’épidémie de coronavirus a agi comme un miroir déformant du monde, analyse le journaliste Pierre Haski, sur France Inter (https://bit.ly/2Ve8WEL). « L’Europe a ainsi observé les images de Wuhan en janvier avec distance, sans imaginer un instant que le virus pourrait la toucher de plein fouet. Sans doute les informations, incomplètes, chinoises, ont joué, mais les scènes d’apocalypse dans les hôpitaux ont été accueillies avec un sentiment inconscient de supériorité. Pas possible chez nous, bien sûr. Lorsque l’Italie du Nord a été à son tour durement frappée et les hôpitaux débordés, on a pu entendre les mêmes commentaires sur la fragilité de l’Etat Italien, et là encore pas vraiment de soupçon que ça pouvait, que ça allait arriver chez nous. Lorsque la France a été atteinte par la pandémie, la BBC britannique traitait le sujet (…) comme si elle était lointaine. Idem sur CNN, les américains pleins de compassion montraient l’Europe à la peine, comme si l’Atlantique faisait barrière. (…) Là encore arrogance inconsciente, le réveil a été encore plus brutal ». La pandémie a révélé la fragilité de puissances trop sûres d’elles (comme la France, 6ème puissance mondiale, à court de masques, de respirateurs et de tests), et le succès, inattendu, de certains pays, comme la Corée du Sud ou Taiwan, ou plus attendu, comme l’Allemagne. Le retour en grâce de l’Etat-providence Même s’il est critiqué dans de nombreux pays pour avoir contribué à éroder fortement le secteur public, au nom d’une logique comptable et d’une idéologie libérale, l’Etat est aujourd’hui le seul capable de gérer une telle crise. Il est appelé à la rescousse en France, comme dans de nombreux autres pays, pour renforcer le système sanitaire, amortir le choc de la crise, et maintenir l’activité économique en sommeil, afin de relancer rapidement la machine, quand cela sera possible. Chômage partiel, report des charges fiscales et sociales, aides aux TPE… L’effort est colossal, il faut injecter de l’argent public, quitte à augmenter l’endettement public, creuser les déficits et faire voler en éclats les règles de l’orthodoxie budgétaire européenne. Même les Etats-Unis ont dû boucher temporairement certains trous dans leur système de protection sociale (l’un des plus faibles des pays développés), devant l’ampleur des licenciements (10 millions de nouvelles personnes inscrites au chômage en deux semaines). Une réhabilitation de professions vitales pour la survie de nos pays Médecins, infirmiers, aides-soignants, bien sûr, mais aussi agriculteurs (dont dépend en partie notre alimentation), ouvriers (produisant aujourd’hui des respirateurs artificiels et des masques), livreurs, caissiers, postiers, pompiers, éboueurs… Nous découvrons que sans cette armée d’ »invisibles », jusque-là souvent négligés, méprisés, mal rémunérés, nos pays seraient paralysés. Ils assurent notre santé, notre alimentation, contribuent à notre cohésion sociale. Aujourd’hui, nous leur adressons des applaudissements, des sourires, des salutations, des encouragements. Il s’agira demain de ne pas les oublier, de revaloriser leurs salaires et d’améliorer leurs conditions de travail. Prendre soin de la Nature, c’est prendre soin de nous Le lien existant entre la crise sanitaire actuelle et les pressions exercées sur les écosystèmes, à travers des modes de production et de consommation non durables (exploitation minière et forestière, élevage intensif, trafic illégal d’animaux sauvages…) est aujourd’hui mieux compris. « Les écosystèmes dans la nature fonctionnent de la même manière que le corps humain: lorsqu’ils sont robustes et sains – avec diverses espèces et de l’espace pour des populations animales saines – ils sont plus résistants aux maladies. (…) Nous devons prendre soin de la nature pour prendre soin de nous. », explique Lee Hannah, chercheur au sein de l’ONG Conservation International.(https://bit.ly/3e7038y) « L’impératif absolu, qui est prôné par la Commission européenne sous l’autorité de Madame Von der Leyen, c’est de s’orienter vers une croissance dite verte, qui soit respectueuse de notre environnement. Je crois qu’aujourd’hui, ce qu’on constate, c’est que le manière dont on n’a pas respecté la biodiversité, la manière dont on n’a pas respecté notre environnement, est en train de nous revenir en boomerang dans la figure », a expliqué Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, sur France Inter. ( https://bit.ly/2UTjCcM )  Moment de bascule, ou effet rebond et recul potentiel sur le front climatique et environnemental ? Des certitudes ont volé en éclats. Des choses qu’on tenait pour acquises ne le sont plus. La crise sanitaire actuelle démontre que nous sommes capables de réagir fortement face à la crise. Nous sommes à une période charnière, face à une grande inconnue : les efforts qui seront déployés pour relancer l’économie mondiale serviront ils à accélérer la transition écologique et à ralentir le changement climatique ? Ou allons-nous nous contenter de relancer des entreprises et des secteurs que nous savons émetteurs de GES et dangereux pour la survie de l’humanité ? Le risque d’un effet rebond De nombreux experts craignent que la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique passent à la trappe au moment de la reprise économique. Déjà, la COP 26 sur le Climat, la COP15 Biodiversité et le Congrès mondial pour la Nature, ont été reportés à l’année prochaine, alors qu’ils étaient censés renforcer les objectifs, que ce soit en matière de « décarbonation » des économies ou de protection de la biodiversité (extension des aires protégées avec 30% des zones terrestres et marines dans le monde, et 10% sous stricte protection, dès 2030). Aux Etats-Unis, l’administration Trump a décidé récemment d’assouplir les normes environnementales, permettant aux raffineries, centrales à charbon ou usines chimiques de polluer air et eau, sans aucun contrôle ni sanction. Une mesure temporaire, selon l’Environmental Protection Agency (EPA), qui s’inscrit toutefois dans une entreprise de « détricotage » des normes environnementales (une centaine de normes environnementales ont été assouplies ou supprimées ces trois dernières années, selon le New-York Times). Une mobilisation pour une sortie de crise résiliente et solidaire Face à cette menace, des think tanks et des ONG se mobilisent, en France et dans le monde, pour faire pression sur les décideurs politiques et orienter les plans de relance économique sur la transition écologique et la lutte contre le changement climatique. Oui, pour des aides publiques aux grandes entreprises, mais sous certaines conditions. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) recommande de conditionner les aides aux grandes entreprises en fonction de leur engagement à s’investir dans la transition écologique, transformer le secteur agricole, les transports et l’énergie. Il propose notamment de s’appuyer sur la « taxonomie verte » de l’Union européenne, adoptée en décembre 2019, qui permet de classifier les activités économiques en fonction de leur empreinte écologique. 250 ONG internationales se sont par ailleurs réunies en collectif pour exiger, dans une lettre ouverte aux gouvernements assortie d’une pétition, que les plans de sauvetages des compagnies aériennes, durement touchées par la crise du covid-19, soient assortis de « conditions environnementales et sociales », le transport aérien étant responsable de 5 à 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Le collectif demande ainsi aux gouvernements de mettre fin aux exemptions fiscales qui leur sont accordées, et de mettre en place une taxe sur le kérosène. (https://bit.ly/2JSweL2) L’Institut pour l’économie du climat (I4CE) et l’Université Paris-Dauphine ont récemment publié une étude, listant une trentaine de mesures dans sept secteurs-clefs de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) en France : (1) la rénovation des logements privés, (2) la rénovation des bâtiments tertiaires (publics et privés), (3) le déploiement des voitures bas-carbone, (4) les infrastructures de transport en commun, (5) les infrastructures ferroviaires, (6) les aménagements cyclables, et (7) la production d’électricité renouvelable. Ces mesures, soutenues par un plan de financement public de 7 milliards d’euros par an, permettraient de catalyser 19 milliards d’euros d’investissements publics et privés supplémentaires chaque année, jusqu’en 2023. (https://bit.ly/2VdMLyd)   L’actuelle pandémie permettra-t-elle, au-delà des drames provoqués, d’accoucher d’un nouveau monde ? L’Etat saura-t-il piloter cette transformation systémique dans l’intérêt général, au-delà d’une vision court-termiste ? Quel rôle peut jouer l’Europe ? Restera-t-elle une simple zone de libre-échange économique ? Ou peut-elle se donner les moyens d’assumer une communauté de destin qui transcende les intérêts nationaux ? Le « chacun chez soi, chacun pour soi » ne marche pas face à des maladies, et d’autres problématiques (comme le changement climatique) qui se jouent des frontières. L’enjeu est de construire une véritable Europe de la Santé, qui pemettrait de sécuriser l’approvisionnement en matériel et médicaments, et d’investir de manière significative dans la recherche. De donner corps au Pacte Vert pour la transition climatique. De repenser notre mode de production et d’alimentation. De retrouver un niveau d’autonomie et de contrôle de nos chaînes de valeurs. La solidarité, qui est le socle de l’Union européenne, doit se traduire en actes forts, avec des moyens budgétaires renforcés, pour surmonter la crise économique et sociale qui se profile. Delphine Horvilleur, rabbin et philosophe, évoque le mot crise en hébreu. « Mashber » veut dire à la fois crise, mais aussi table d’accouchement, salle de travail. « Il s’agit de mobiliser en nous tout ce qui nous permet de grandir ensemble, comment nous allons rendre cette humanité plus belle, plus humaine. La crise, c’est la possibilité d’un monde nouveau. »

La terre-l'horloge-le temps- le coronavirus

Dans les deux cas, il y a urgence à agir. Mais la réponse n’est pas la même. Mobilisation sans précédent pour endiguer l’épidémie d’un côté, apathie, voire inertie face à la crise climatique et environnementale de l’autre. Comment expliquer une telle différence de mobilisation ? Quelles leçons faut-il en tirer pour préparer le jour d’après, décarboner nos sociétés et renforcer notre résilience au changement climatique ?   Comme le soulignait Corinne Le Quéré, présidente du Haut conseil pour le climat, dans son intervention du 11 mars 2020 devant le Conseil économique, social et environnemental : « Sans pousser l’analogie trop loin, on voit bien avec l’actuelle crise sanitaire liée au coronavirus la capacité des gouvernements à agir dans l’urgence pour l’intérêt général. […] Une réponse rapide est coordonnée à l’international, soutenue par les individus et les entreprises. La communication est continue. Des sommes importantes sont débloquées au niveau national ou européen pour aider les entreprises à passer le cap. On sait donc faire. » Pourquoi la mobilisation ne prend pas autant, face à l’urgence climatique ? Pourquoi, à l’inverse de la crise du coronavirus, n’écoute-t-on pas les recommandations des scientifiques ? Créé en 1988, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a déjà publié 5 rapports, chaque nouveau rapport étant plus alarmant que le précédent. Des scientifiques évoquent des points de basculement dont le dépassement pourrait provoquer des effets en cascade irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques…). En France, face à l’urgence climatique et à l’inaction du gouvernement, 1000 scientifiques de toutes disciplines ont même appelé les citoyens à participer aux « actions de désobéissance civile » menées par des mouvements écologistes comme Amis de la Terre, Attac, Greenpeace, Youth for Climate, Extinction Rebellion, pour changer de modèle. Changer le système par le bas. « Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. » (Appel de 1000 scientifiques, 20 février 2020, Tribune au « Monde ») Comment expliquer cette incapacité à mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale ? Quelques explications possibles La liste n’est pas exhaustive, et les explications sont plurifactorielles : Proximité et retour à la normale d’un côté, temps long et inertie climatique de l’autre Chercheur en sciences politiques et spécialiste en géopolitique de l’environnement et membre du GIEC, François Gemenne a livré dans l’émission « La terre au carré » de Mathieu Vidard (France Inter) son analyse sur cette différence de mobilisation entre les deux crises. Le coronavirus suscite la peur de contracter soi-même la maladie, générant un sentiment d’immédiateté et de proximité. Et l’acceptation de mesures contraignantes est conditionnée par l’idée d’un possible « retour à la normale », d’une sortie de crise. A l’inverse, le changement climatique apparaît comme quelque chose qui n’arrivera qu’aux autres dans longtemps, et dans des régions relativement lointaines. Les gens n’ont pas l’impression que les mesures qui pourraient être prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pourraient produire un effet immédiat, en raison du phénomène d’inertie climatique, cet espace de près de 50 ans entre ce que nous faisons aujourd’hui et la manière dont le climat va y réagir. La lutte contre le changement climatique s’opère sur un temps long, et on ne pourra qu’en atténuer les impacts.  « Nous avons créé quelque part une distance entre nous-mêmes et le changement climatique »  souligne le chercheur, estimant qu’il faudrait revoir la communication autour du changement climatique.(https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-13-mars-2020) Pour en revenir à cette notion de distanciation, si on y réfléchit bien, depuis quelques années nous pouvons déjà percevoir les changements à l’œuvre au niveau local:  sécheresses, tempêtes, inondations… Ce sera sans doute leur récurrence qui finira par provoquer l’électrochoc nécessaire.  Syndrome de l’autruche* Le sociologue et philosophe américain George Marshall parle du syndrome de l’autruche  pour expliquer en partie l’inertie de la population face au changement climatique. Notre cerveau fonctionne sur un système de pertes et de gains. Ce qu’on demande aux gens, c’est de faire de nombreux sacrifices maintenant, en termes de confort et d’habitudes. Il  faut changer de logiciel de vie. Accepter des fruits et légumes avec des gueules cassées. Payer plus cher des produits qui ne viendront plus du bout du monde. Revoir notre façon de produire, de consommer, de nous déplacer, de nous divertir. Tout cela, pour éviter d’éventuelles pertes futures, qui ne sont pas encore connues avec précision. Dans le cas du covid-19, les gains sont en revanche clairs,  se sacrifier un temps, pour  continuer à vivre.  Temps court des politiques, versus temps long du changement climatique Face à un ennemi invisible, le coronavirus exige des responsables politiques des actions rapides, dont les résultats pourront leur être imputables à la prochaine échéance électorale. A l’inverse, pour les raisons évoquées précédemment, les impacts des mesures de lutte contre le changement climatique ne seront perceptibles qu’à long terme, ce qui pourrait expliquer qu’elles n’aient pas été jusque-là à la hauteur des enjeux. Ceci dit, selon un sondage Elabe-Veolia réalisé en novembre 2019, 85 % des Français souhaitent que les questions environnementales occupent une « place importante » dans les propositions des candidats de leur commune. L’écologie est devenue la première préoccupation des Français, indépendamment de leurs convictions politiques ou de leur implantation géographique. L’environnement arrive même devant le maintien des services publics ou la sécurité. C’est un changement de paradigme que les politiques feraient bien d’intégrer. https://www.latribune.fr/economie/france/85-des-francais-mettent-l-environnement-au-coeur-des-municipales-833110.html Complexité du changement climatique «Nous n’avons pas à comprendre les détails de l’ADN du virus, nous avons l’expérience de la grippe», explique au HuffPost Lise Van Susteren, psychiatre à Washington.  Cela ne nécessite pas un esprit scientifique pour comprendre.» […] «  A contrario, la nature du changement climatique semble trop complexe. » http://www.slate.fr/story/188604/action-contre-coronavirus-crise-changement-climatique Des pistes pour améliorer la mobilisation sur le climat Dans un article paru récemment, le magazine en ligne Usbek & Rica donne 5 pistes  pour rendre plus efficace la mobilisation sur le changement climatique (https://usbeketrica.com/article/5-pistes-mobiliser-climat-autant-que-coronavirus) : Mobilisation médiatique Il faudrait multiplier des initiatives comme Covering climate now, pour améliorer la couverture médiatique du changement climatique. Cette initiative, lancée en avril 2019 par des journaux américains, regroupe aujourd’hui 400 médias partenaires. Elle permet de coordonner la publication concomitante d’articles sur un même sujet, et d’atteindre une audience collective de 2 milliards de personnes. Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS et ex-chef économiste de l’Agence française de développement, suggère  quant à lui de mettre en accès libre les informations liées à l’urgence écologique, afin de nourrir les débats et de mobiliser à la hauteur de l’enjeu. Investissements exceptionnels Toujours selon le media Usbek & Rica, la lutte contre le changement climatique mériterait de bénéficier d’investissements exceptionnels. « Le contraste est encore une fois frappant : là où une crise sanitaire ou économique rend légitime d’outrepasser les règles habituelles d’orthodoxie budgétaire, la crise climatique échoue à briser ce plafond de verre. Parmi les pistes pour outrepasser cette barrière, l’appel Libérons l’investissement vert ! , lancé par les économistes Alain Grandjean et Gaël Giraud et signé par 160 universitaires, économistes, personnalités politiques et du monde associatif, propose plusieurs mécanismes compatibles avec les traités pour sortir ces investissements de la règle budgétaire européenne limitant les autorisations de déficits à 3 % du PIB. » Un effort de guerre collectif La crise climatique mériterait aussi d’avoir recours au même registre martial et d’Union sacrée que la crise sanitaire du coronavirus. « Des messages pourraient être répétés en boucle à la radio, à la télé, sur les écrans d’affichage et par des annonces sonores dans le métro pour appeler les gens à moins manger de viande, à ne pas surconsommer ou à privilégier le vélo comme moyen de transport lorsque c’est possible.»  Démondialiser « Quelques déclarations ne suffiront peut-être pas à faire du macronisme un nouvel altermondialisme, mais la relocalisation de la production serait en tout cas un atout face à la crise climatique, en réduisant l’empreinte carbone liée au transport de tout ou partie de ce que nous consommons. » Écouter les scientifiques (plutôt que les lobbys) « Il faut dire que leur message est peu audible à côté des milliards de dollars dépensés en lobbying par les entreprises les plus émettrices en carbone pour avoir l’oreille des décideurs. En 2018, Euractiv dévoilait une note interne de BusinessEurope, organe de lobbying du patronat européen, détaillant leur stratégie pour « saboter  » les efforts climatiques de l’UE. »   A ces cinq pistes données par le media Usbek & Rica, il faudrait en rajouter au moins deux autres (là aussi, la liste n’est pas exhaustive) : Montrer davantage le lien entre changement climatique et problèmes de santé Le changement climatique est un multiplicateur de risques pour la santé humaine. « Agents infectieux dont l’aire de nuisance s’étend, fonte du pergélisol libérant des maladies oubliées, moindres défenses immunitaires et extension de la durée des maladies du fait du réchauffement hivernal… le dérèglement climatique va multiplier les menaces pour la santé des êtres humains. » https://reporterre.net/Le-changement-climatique-va-stimuler-les-pandemies-et-autres-menaces-sur-la-sante Offrir des solutions concrètes, aux impacts mesurables et positifs Les gens ont besoin de se projeter et d’avoir espoir en un avenir meilleur. Il faut leur montrer des solutions concrètes, aux impacts mesurables et positifs, en termes de qualité de vie, de santé, d’emplois, pour leur donner envie de faire partie de la solution. Le succès des villages des alternatives (Alternatiba) qui ont essaimé en France, ou d’un film comme Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, démontre qu’il y a une réelle attente en la matière.   La crise du coronavirus montre que les Etats sont capables d’intervenir de manière radicale dans l’économie et la vie des citoyens pour faire face à des menaces qui pèsent sur l’ensemble de la population, et que des décisions qui pouvaient paraître au départ très difficiles, voire insensées, sont devenues en quelques semaines inéluctables. Les plans de relance massifs qui se profilent devront tenir compte de l’urgence climatique et environnementale. C’est une période charnière, le moment ou jamais pour investir massivement dans la transition écologique, réorienter la finance, imposer aux entreprises de décarboner leurs activités, favoriser la mobilité douce,  assurer notre résilience collective. A défaut, nous continuerons de subir les crises (sanitaire, environnementale, financière…)  les unes après les autres.   * Le syndrome de l’autruche de George Marshall, Actes Sud * Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent

Couverture Magazine Vivre

« Et de l’arbre de nos vies la sève perle encore » est dans le magazine Vivre de mars 2020. Ce magazine est publié par la Ligue contre le cancer et diffusé à plus de 200 000 exemplaires. De retour en France, après une éclipse de 15 ans, je suis heureuse de constater le niveau d’engagement et de mobilisation d’associations, d’hommes et de femmes, qui font la différence dans la vie de personnes atteintes de cancer (et de leurs proches), en les aidant à rompre leur isolement, à se réapproprier leur corps, gérer leur stress, partager leur vécu, leurs doutes et leurs espoirs.

virus

Le COVID-19 est désormais classé par l’OMS en pandémie depuis le 11 mars 2020. Aujourd’hui, il concerne plus de 165 pays, menace nos vies et des pans entiers de nos économies. Il nous oblige surtout à repenser notre rapport au vivant, à la santé, au travail, à la production et à la consommation. Y aura-t-il un avant et un après COVID-19 ? L’épidémie est devenue une pandémie, parce que les risques sanitaires sont aujourd‘hui mondialisés, en raison de la multiplication et de la rapidité des échanges entre les territoires. Les maladies infectieuses peuvent se propager d’une manière fulgurante d’un bout à l’autre de la planète, avec tous les effets en cascade, auxquels on assiste aujourd’hui, en plus des pertes en vies humaines. Commerce, tourisme, productivité des entreprises, ébranlement de la confiance des investisseurs et chutes des cours sur les marchés financiers… Pour avoir travaillé il y a quelques années sur la communication du projet de surveillance épidémiologique de la Commission de l’océan Indien, « SEGA One Health », j’ai gardé en tête quelques chiffres frappants : 1/ le monde connaît en moyenne une nouvelle maladie infectieuse chaque année(OMS) ; 2/ et 60% des maladies infectieuses chez l’homme (75% des maladies émergentes) sont d’origine animale. Cette crise sanitaire aux multiples impacts, dont nous ne ressortirons pas indemnes, met d’abord en lumière nos fragilités et nos dépendances. Un révélateur de nos vulnérabilités et de nos dépendances Conquête violente du vivant et exposition accrue aux virus Le covid-19 est une zoonose, une maladie issue du monde animal, dont la propagation est liée à nos modes de vie. L’expansionnisme et la conquête violente du vivant ont détruit les habitats du monde sauvage et rompu les barrières biologiques que nous avions avec avec lui, nous exposant davantage à ce type de virus, note l’économiste Geneviève Azam dans Politis (https://www.politis.fr/articles/2020/03/genevieve-azam-ce-virus-illustre-la-fin-dun-monde-41469/). L’émergence des virus va être « de plus en plus accélérée, du fait du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la déforestation », prévient Bruno Canard, spécialiste des virus au CNRS,  qui exprimait sa frustration face au manque de financements de la recherche fondamentale pour accélérer la réponse à de futures épidémies. (https://www.latribune.fr/economie/international/coronavirus-le-temps-perdu-de-la-recherche-depuis-le-sras-841070.html). Ces zoonoses sont en forte hausse, et 31% des épidémies telles que les virus Ebola, Zika et Nipah sont liées à la déforestation (https://www.weforum.org/agenda/2020/03/biodiversity-loss-is-hurting-our-ability-to-prepare-for-pandemics/). La Chine, usine du monde Représentant à elle seule 30 % de la production industrielle de la planète, la Chine est devenue l’usine du monde. Sa part dans le PIB mondial est passée de 4% en 2003, à près de 20 % aujourd’hui. Les Français découvrent atterrés que 80% des principes actifs de leurs médicaments sont importés de Chine et d’Inde, contre 20 % il y a trente ans. Médicaments, mais aussi masques, respirateurs de réanimation, ventilateurs artificiels… Il n’y a pas que le secteur de la santé qui est concerné. Il y a aussi l’automobile (40% de la production mondiale), le textile, l’électronique…. La France, comme de nombreux autres pays, fabrique en Chine ou importe de ce pays une grande partie de ses « consommations intermédiaires». Par ailleurs, les chaines de fabrication sont  éparpillées dans des dizaines de pays. Une trentaine de pays différents, parfois pour une seule voiture. Le monde est devenu une vaste entreprise, avec une division des tâches à l’extrême entre les pays, dans une logique de réduction des coûts et de profits. Cette hyperspécialisation a multiplié les risques de rupture d’approvisionnement. Une dégradation continue de l’état des hôpitaux publics français Le 13 janvier dernier, mille deux cents chefs de service des hôpitaux français avaient démissionné de leurs fonctions administratives, pour alerter sur le manque de moyens et de personnel dans les hôpitaux publics. Comme le souligne la sociologue franco-israélienne Eva Illouz, le contrat implicite passé entre les Etats modernes et leurs citoyens, fondé sur la capacité des premiers à garantir la sécurité et la santé physiques des seconds, a progressivement été rompu dans de nombreuses parties du monde. L’Etat « a changé de vocation en devenant un acteur économique entièrement préoccupé de réduire les coûts du travail, d’autoriser ou encourager la délocalisation de la production (et, entre autres, celle de médicaments clés), de déréguler les activités bancaires et financières et de subvenir aux besoins des entreprises. Le résultat, intentionnel ou non, a été une érosion extraordinaire du secteur public. » (https://bit.ly/3dpHQm5). Gaël Giraud,  directeur de recherche au CNRS (et ex-économiste en chef de l’AFD), explique clairement le lien entre le sauvetage des banques par l’Etat après la crise financière de 2008 et l’érosion du secteur public « L’Etat ayant repris à sa charge la dette privée des banques, sa propre dette publique a explosé et aujourd’hui, il est pris dans l’étau des traités européens et des contraintes du pacte de stabilité et de croissance qui exige que les Etats de la zone euro réduisent leur déficit à 3% du PIB et leur dette à 60% du PIB ».  https://planetes360.fr/gael-giraud-sur-la-crise-financiere-qui-vient-tous-les-voyants-sont-au-rouge/ La pollution de l’air, facteur d’aggravation de nos vulnérabilités au coronavirus La pollution de l’air provoque des maladies (hypertension, diabète, maladies respiratoires), que les médecins associent à des taux de mortalité plus élevés pour le Covid-19. Mais l’impact de cette pollution sur la prévalence du coronavirus irait même plus loin. Des chercheurs et médecins de la Société italienne de médecine environnementale ont constaté une corrélation entre les taux de particules PM10 et PM2,5, en suspension dans l’air, et le nombre de personnes atteintes du coronavirus. Ces particules fines permettraient au virus de rester dans l’air dans des conditions viables pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. https://www.actu-environnement.com/ae/news/coronavirus-covid-19-pollution-air-propagation-35178.php4 Un « game changer » ? Et s’il y avait un avant et un après COVID-19 ? Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, mais si cette crise majeure nous aidait à changer en profondeur le système dans lequel nous vivons ? Dans son allocution télévisée du 12 mars 2020, le président français Emmanuel Macron a promis des décisions de rupture dans les prochains mois. Voici quelques ruptures auxquelles nous pourrions penser : Séparer banques de dépôt et banques d’investissement Et si on songeait enfin à opérer une séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement, comme le suggère Gaël Giraud ? Cette séparation ferait prendre moins de risques aux Etats et, par contrecoup, à leurs contribuables, la socialisation des pertes et la privatisation des profits ayant prévalu jusque-là. Des fonds pourraient être alors judicieusement réinjectés dans le système public hospitalier français, à la diète depuis des années, et dans la recherche fondamentale. Relocaliser pour réduire les risques d’approvisionnement Et si nous remettions au goût du jour les productions françaises et européennes, et les circuits courts, quoiqu’il en coûte (dirait notre président Emmanuel Macron) ? L’Union Européenne voulant instituer une taxe carbone aux frontières, il pourrait devenir rapidement plus intéressant de fabriquer chez soi plutôt qu’à l’autre bout du monde. Le consommateur devra aussi changer de comportement et accepter de payer plus cher certains produits. Cela pourrait être une très bonne nouvelle pour réduire les émissions polluantes de gaz à effet de serre et lutter contre le changement climatique. Opter pour un système de travail et de mobilité bas carbone Et si nous mettions aussi de réels moyens  pour privilégier la mobilité douce (tramway, vélo, marche à pied…), rationaliser l’usage de la voiture (covoiturage, véhicules électriques en libre-service…-) et augmenter les possibilités de télétravail, afin de décarboner nos économies et de réduire la pollution de l’air ?   La liste des ruptures et des chantiers à entreprendre est longue. Il est temps de repenser notre place dans le grand écosystème du vivant, et d’accélérer la transition écologique et solidaire, afin de renforcer notre résistance aux virus et notre résilience au changement climatique. Espérons que le changement climatique ne passera pas à la trappe, pour ne pas freiner la relance économique post-crise. « L’homme  ne perçoit  la réalité que lorsqu’elle lui fait mal« , dit l’écrivaine Fred Vargas, scientifique de formation, et auteure du livre « L’humanité en péril ». Dans un article de Novethic, « Le coronavirus risque de saper tous les efforts pour lutter contre le changement climatique »,  François Gémenne, chercheur en science politique et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC), veut croire au jour d’après: « S’il y a une leçon positive à tirer, c’est qu’il est possible que des gouvernements prennent des mesures urgentes, radicales et coûteuses face à un danger imminent et que celles-ci soient acceptées par la population. Il y a un petit côté répétition générale de ce qui nous attend face au dérèglement climatique« . (https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/le-coronavirus-risque-de-saper-tous-les-efforts-pour-lutter-contre-le-changement-climatique-148349.html) Pour terminer, je voudrais citer une habitante de Venise, Arièle Butaux, qui redécouvre la beauté de Venise, l’eau des canaux redevenue claire, la magie du silence qui enveloppe la ville à la nuit tombée. « Venise, en ces jours singuliers, m’apparaît comme une métaphore de notre monde. Nous étions embarqués dans un train furieux que nous ne pouvions plus arrêter alors que nous étions si nombreux à crever de ne pouvoir en descendre! A vouloir autre chose que toutes les merveilles qu’elle avait déjà à leur offrir, les hommes étaient en train de détruire Venise. A confondre l’essentiel et le futile, à ne plus savoir regarder la beauté du monde, l’humanité était en train de courir à sa perte. (..) Nous sommes ce soir des millions à ignorer quand nous retrouverons notre liberté de mouvement. Soyons des millions à prendre la liberté de rêver un autre monde. La nuit tombe sur la Sérénissime. Le silence est absolu. Cela suffit pour l’instant à mon bonheur. Andrà tutto bene. »  

Couverture du livre "Et de l'arbre de nos vies la sève perle encore" visible sur le site de l'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité. Une recommandation de lecture et une accroche Trois femmes. Trois récits. Une histoire.

L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) recommande la lecture de mon livre sur leur site. Je suis très heureuse de ce partage, qui signifie beaucoup pour moi. Oui, on peut ne pas vouloir jouer les prolongations, s’il n’y a plus d’en-vie, ou si la vie ne nous ressemble plus. Et chacun doit pouvoir choisir sa fin de vie. https://www.admd.net/articles-culture/livre/et-de-larbre-de-nos-vies-la-seve-perle-encore-caroline-barth.html

caroline-barth-et de-arbre-de-nos-vies-la-seve-perle-encore

Un article sur mon livre « Et de l’arbre de nos vies la sève perle encore »  et les quinze années que j’ai passées à l’Ile Maurice, dans un endroit magique, Tamarin-Rivière Noire. « Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté », chantait si justement le poète des parfums, des couleurs et des sons, Charles Baudelaire, durablement marqué par son bref passage dans l’île. Le magazine de voyage Hamaji est très beau et bien conçu, il vaut le détour de lecture! Article livre dans Hamaji https://issuu.com/corneillesima4/docs/h25_oct-nov-dec_2019_web-1?fbclid=IwAR1E5GCrbvkct6qC-qzSraONqBJBcIAsKlHRQjRA8U6C7XoCB_z7KD0qvmU

carolinebarth.com-D&L-Services-About-Us-Page-Photo.JPG

D&L, pour une mode durable Diane et Lena sont des jumelles que j’ai connues hautes comme trois pommes. Elles ont 23 ans et tracent résolument leur chemin dans la vie. Difficiles à différencier, Diane a juste le visage plus petit et rond. L’une commande un ice tea, l’autre la suit. L’une commence une phrase, l’autre la termine… Conscientes de la finitude des ressources sur terre, de la pollution et du consumérisme effréné, elles ont décidé d’agir pour une mode plus durable, sachant que l’industrie textile est la seconde industrie la plus polluante au monde, très gourmande en eau, électricité, produits chimiques et que 85% des produits finissent à la poubelle.   Quand avez-vous changé de regard sur la mode et comment est née l’idée de votre plateforme D&L ? Léna Tout a commencé il y a environ un an, suite à un voyage au Vietnam où nous nous étions retrouvées. Nous avons été choquées par la masse des vêtements sur les marchés locaux. Du coup, nous nous sommes un peu renseignées sur le sujet et nous avons rencontré Florence Bacin, la coordinatrice pays de Fashion Revolution, le plus grand mouvement mondial en faveur d’une mode éthique et durable, actif dans plus de 100 pays. Elle nous a ouvert les yeux sur l’envers du décor et, en parallèle de ça, par hasard ou peut-être pas, nous avons regardé un documentaire sur Netflix, « The true cost », qui nous a fait vraiment shifter… Diane Ce documentaire nous a interpellées sur le coût réel de la production des vêtements, si on prenait en compte son empreinte écologique et son coût social. A partir de là, nous avons commencé à rechercher des marques plus écolos, comme Veja, Reformation, des labels comme Oeko-tex, Fair Wear Foundation, Bluesign, GOTS (Global Organic Textile Standard) . Lena Nous avons réalisé à quel point nous étions ignorantes de ce monde parallèle et nous avons voulu alerter sur ces réalités-là. Quels sont les objectifs de votre plateforme ? Diane Essentiellement faire de l’éducation et de la sensibilisation, à travers nos réseaux sociaux, en commençant à Maurice, où nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un réel besoin et tout à faire. Lena L’industrie textile s ’essouffle à Maurice, la main-d’œuvre est devenue trop chère, les entreprises ont délocalisé leur production dans des pays comme Madagascar, ou le Bengladesh. Elle doit se renouveler. Certains gros groupes textiles mauriciens comme Ciel ont mis en place une démarche de durabilité… Diane Sous la pression des consommateurs… Les marques exigent des fabricants qu’ils changent. Lena Les marques ont tout à intérêt à se positionner dès maintenant, car si elles ne se remettent pas en question, elles seront « out of the game ». Qu’est-ce que vous voyez comme grandes tendances positives à l’œuvre aujourd’hui dans le domaine de la mode? Léna Les consommateurs réalisent que leur pouvoir d’achat est un levier d’action et grâce à eux, la chaîne de production peut changer. Nous capitalisons là-dessus, et nous éduquons à fond les consommateurs. Nous allons dans les entreprises, les associations, les écoles, nous faisons une présentation ou une activité qui donne à réfléchir sur l’impact environnemental et social de la production de vêtements. Nous avons lancé aussi un événement mensuel de    «clothes swapping» (échanges de vêtements), en partenariat avec le groupe hôtelier Véranda, dont la première édition a eu lieu à Tamarin en juillet 2019. Les gens viennent avec cinq vêtements de bonne qualité dont ils ne veulent plus et dont ils se servent comme monnaie d’échange. L’idée est de rallonger la durée de vie des vêtements et de montrer aux consommateurs qu’il n’est pas nécessaire à chaque fois d’acheter de nouveaux vêtements, et qu’il y a des alternatives qui prennent en compte l’environnement. Quelles sont vos responsabilités en tant que coordinatrices pays de Fashion Revolution? Diane Organiser la semaine Fashion Revolution autour du 24 avril, en souvenir de l’effondrement en 2013 du Rana Plaza- une usine textile au Bengladesh- qui a fait 1134 morts et 2 500 blessés. La campagne mondiale #whomademyclothes (Qui fait mes vêtements et dans quelles conditions ?), incite les consommateurs à demander plus de transparence aux marques. De plus en plus de marques mettent en place des chartes de transparence, et Fashion Revolution publie désormais un Fashion Transparency Index … Les choses bougent entre l’émergence de marques plus éthiques et durables, le mouvement Fashion Revolution, les reportages et documentaires à charge sur  l’industrie textile … Léna La prise de conscience est encore très minoritaire. Même si une partie des consommateurs commencent à changer, ça demande beaucoup d’efforts au quotidien et nous réalisons, via les réseaux sociaux comme Instagram, que la majorité est encore dans la surconsommation, le paraître, l’image de soi … Diane Toutes les filles veulent acheter la dernière robe que telle influenceuse a postée sur Instagram, à chaque fois que quelqu’un poste une nouvelle photo, il faut que ce soit avec un nouveau vêtement, les marques l’ont bien compris ! Vous êtes dans une ambivalence vis-à-vis des réseaux sociaux, car ils sont à la fois une caisse de résonance essentielle pour faire de l’éducation et de la sensibilisation, et en même temps, ils exacerbent le paraître, l’image de soi. Lena On doit faire face surtout à un autre gros problème, c’est l’accessibilité de la mode : pour 100 euros, les gens peuvent avoir 10 tee-shirts et préfèrent avoir plus de choix pendant moins longtemps. Diane Aujourd’hui, les consommateurs veulent avoir du choix mais à petits prix, en tenant compte de l’environnement et des travailleurs. Du coup, il y a une demande croissante pour les vêtements de seconde main, les échanges de vêtements, la revalorisation par le recyclage (upcycling), avec en Europe un site comme Vinted. On a grandi avec l’accessibilité des vêtements à petits prix. Seule une frange de la population avec un certain niveau de pouvoir d’achat pourra acheter des marques « sustainable » tandis que les jeunes iront vers des alternatives genre seconde main, location et échanges de vêtements. Vous êtes citoyennes du monde, avec des racines françaises, mauriciennes et sud-africaines. Où vous projetez-vous dans quelques années ? Encore ensemble sur un plan professionnel ? Lena Oui, toujours ensemble ! Nous avons des caractères très différents, mais également très complémentaires. Diane est psychorigide, je suis dans la lune, mais on fonctionne bien ensemble ! Diane On a trouvé notre équilibre. On se projette en Afrique, pour plusieurs raisons : c’est le berceau de l’humanité, c’est là où nous avons grandi, et c’est le dépotoir du monde en matière de déchets textiles. Il y a énormément à faire au niveau de l’éducation et de la sensibilisation. Grâce au mouvement Fashion Revolution, nous avons échangé avec pas mal d’acteurs en Afrique du Sud, à Madagascar et au Zimbabwe et nous réfléchissons à la manière dont nous pourrions unir nos forces et créer quelque chose à l’échelle du continent. Nous nous positionnons pour l’instant surtout comme des médiatrices, nous connectons différents acteurs, nous sommes régulièrement contactées par des producteurs, designers, entreprises. Seriez-vous en train de devenir consultantes ? Diane Nous ne voulons pas travailler sur les aspects produits chimiques, traitement de l’eau. Nous souhaitons davantage intervenir au niveau des designers – petits et moyens -, leur expliquer ce qui peut être fait en amont, pour réduire les déchets, augmenter l’aspect recyclable. Peut-être écrire un booklet pas cher sur comment devenir un ‘sustainable fashion beginner’… Comment peut-on concilier mode et environnement ? Diane On a créé une petite infographie pour montrer comment on peut devenir un consommateur responsable : ex : faire du sur-mesure, valoriser les marques utilisant des matériaux organiques, innovatrices et écoresponsables, échanger, emprunter ou louer… Lena Quand on dit mode durable, tout de suite les gens pensent aux matériaux, mais ça va bien au-delà, c’est plus un état d’esprit qu’il faut changer. Diane Un consommateur éduqué est un consommateur engagé. On ne dit pas aux gens d’arrêter d’acheter des vêtements, mais de le faire de manière plus consciente. Et ça a changé votre façon de vous habiller ? Lena Oui et c’est même galère (fous-rires). On ne fait plus de shopping chez des marques comme Zara ou Mango qu’on boycotte, ça nous a forcées à reconstruire une relation avec les vêtements qu’on avait dans notre armoire, dont la moitié étaient déjà aux oubliettes… Diane Forcées aussi à définir notre style pour se dire si j’achète ce vêtement, je sais que je vais vraiment le porter. Avec la ‘fast fashion’, on avait tendance à suivre la mode de manière impulsive ! Vous faites des économies, du coup ? Léna Je n’ai rien acheté de neuf depuis au moins 6 mois Vous réussissez à convaincre votre entourage ? Diane Ils se sentent coupables quand ils nous offrent un tee-shirt, ou justifient le côté durable de leurs achats, ce qui est déjà bien… Lena La graine est semée. On m’a rapporté une anecdote avec Gunter Paoli, le pape du développement durable et de l’économie circulaire, en conférence à Maurice. Il incitait les jeunes à oser et entreprendre. Diane, tu lui as demandé s’il avait un programme d’accompagnement, il t’a dit de lui envoyer un mail expliquant votre projet. Du tac au tac, tu lui as répondu « Je vous ai déjà écrit, mais vous ne m’avez pas répondu ». C’est quoi ta devise dans la vie ? Diane (dans un grand sourire) La chance sourit aux audacieux. Et toi Lena ? Lena Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions!

deux jeunes femmes, un livre posé sur la tête, des lectrices épanouies

Le terme officiel de « bêta lecteurs » que j’ai récemment appris, désigne les premiers lecteurs non professionnels d’un manuscrit (au sens informatique, la version bêta d’un logiciel est une préversion, non encore commercialisable, car pouvant comporter des bugs). Une aide très précieuse que je vous conseille, pour l’avoir expérimentée. Leur lecture avisée permet de repérer des failles (chronologiques, redites, incompréhensions, etc.), d’avoir un retour sur l’intérêt de l’histoire (écrire étant une occupation très solitaire), et en fonction de leurs ressentis, de mener à bien son projet, ou non.  » Un fil de partages et d’échanges, tel un beau et fantaisiste carrousel d’idées et d’expressivités légères et profondes » Le Comité de lecture improbable, monté et orchestré de main de maître par Denise avec son groupe d’amies, dans une lointaine îles des Caraïbes, Saint-Martin, a fait bien plus que ça !!! Je ne les connaissais absolument pas et mes échanges sur WhatsApp avec Denise, les deux Isabelle, Valérie, Patricia et Nicole, ont été non seulement constructifs, mais aussi inspirants, drôles, et même parfois un peu perchés. Je me rappelle notamment d’un échange où il était question d’une Princesse consort d’un séminaire de vétos à Cuba en Cadillac, de rhum, de cigarillos, de licorne et de la recherche de lutins cubains !    » La mutualisation des cerveaux, c’est toujours positif ! » Leurs phosphorescences m’ont permis de trouver non seulement le titre, mais aussi d’écrire le pitch et d’avoir leurs ressentis sur les différents types de couvertures proposés. Plusieurs pistes graphiques ont été explorées, et la dernière orientation, donnée par ma fille aînée, une dévoreuse de livres, en version papier et aujourd’hui beaucoup plus numérique, a été approuvée : « beaucoup moins léchée que le soleil arbre de vie, mais beaucoup moins option développement personnel « . « Avec un côté presque photo de famille  qui illustre bien le lien filial de l’histoire, la présence de l’arbre pouvant être interprétée comme un symbole, ou pas ». « Et la balançoire symbolise bien les mouvements de la vie « . « Comme quoi la mutualisation des cerveaux, c’est toujours positif !!!  » , a parfaitement résumé l’une d’entre elles. Précieuses bêta-lectrices…

couple de danseurs, les bienfaits de la danse

Ce refrain de Stromae en tête ‘Alors on danse’, donne tout de suite envie de bouger. On danse pour décapsuler, oublier, socialiser, se libérer. Pour le plaisir, surtout. Danser fait un bien fou. Nous le sentions dans notre corps, dans notre tête, et des études le prouvent. Alors on ne va pas s’en priver. Petit passage en revue (de cabaret) des bienfaits de la danse.   Danser stimule la créativité et la mémoire Comme l’explique la neurobiologiste Lucy Vincent dans son livre, « Faites danser votre cerveau » (Ed. Odile Jacob)*, la coordination de mouvements complexes active le cervelet et stimule les circuits neuronaux. Observer les gestes et les enchaînements, être capable de les reproduire, s’adapter à la musique, sollicite l’attention, la concentration et la mémoire. Il est désormais prouvé qu’une pratique régulière de la danse augmente le volume de l’hippocampe (l’aire centrale de la mémoire), quel que soit l’âge, ralentit le déclin cognitif et prévient l’apparition de maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer. Danser rend plus heureux Danser permet de libérer des endorphines et de l’ocytocine, deux hormones du bien-être et provoque des émotions (mouvoir et s’émouvoir), surtout d’ailleurs les danses collectives, avec des mouvements synchrones sur une même musique qui stimulent les échanges et permettent de renforcer les liens entre les personnes. Selon une étude réalisée par l’International Journal of Neuroscience, la danse est une thérapie capable de soigner la dépression et le stress. Danser dope la forme et la confiance en soi Danser régulièrement apporte les mêmes bénéfices qu’un sport d’endurance : renforcement des muscles, y compris du cœur, augmentation des capacités respiratoires, amélioration de la circulation sanguine, assouplissement des articulations, travail sur l’équilibre et la posture. Danser tonifie le corps, affine la silhouette, améliore l’équilibre, la posture, et ainsi l’estime de soi. Danser améliore le sommeil, le système immunitaire et digestif En effectuant des mouvements, nos muscles se contractent et libèrent des myokines, des molécules anti-inflammatoires et hormonales, qui agissent positivement sur le sommeil, les systèmes immunitaire et digestif. A chacun selon son style et son envie Salsa, tango, zumba, danse moderne, classique, contemporaine, orientale… Vous avez aujourd’hui l’embarras du choix, l’essentiel est de vous déhancher et de vous amuser. Cet été, toutes les occasions seront bonnes pour danser et à la rentrée, pensez à vous inscrire à un cours de danse, afin de connaître cet état de conscience modifiée, cette forme de transe et d’exaltation… « On vit parce qu’on danse, on vit tant qu’on danse » disait le célèbre danseur russe Rudolf Noureev. (©) Photo Fred Nonet

îles lofoten, région polaire, Norvège

La Norvège a multiplié ces dernières années les gestes forts pour préserver la biodiversité et lutter contre le changement climatique. Mais certains continuent de pointer du doigt ses contradictions, et notamment le fait que ce pays reste un gros producteur de gaz et de pétrole, contribuant au réchauffement climatique. Décryptage d’un paradoxe.   Le rapport des Norvégiens à la Nature est fort, presque sacré. Il y a même un terme pour désigner leur amour pour la nature, et leur besoin de vivre en plein air : le ‘friluftsliv’. Cet art de vivre pourrait expliquer le niveau élevé de bonheur affiché par la population. C’est aussi le pays qui a inventé en 1987, sous l’égide de son ex-premier ministre Mme Gro Harlem Bruntland, le concept de développement durable. L’un des premiers pays aussi à instaurer une taxe carbone en 1991. Avant-gardiste, la Norvège continue de l’être sur un plan écologique. Un pays précurseur Tolérance zéro pour la déforestation: il interdit désormais toute déforestation sur son sol, et exclut aussi des marchés publics toute offre provenant d’une entreprise dont les produits peuvent avoir un impact sur la déforestation (huile de palme, soja, bœuf, bois…) Champion du monde de l’e-mobilité, grâce à une batterie d’incitations : exemption de nombreuses taxes à l’achat (y compris la TVA), péages, ferrys et parkings gratuits, autorisation d’emprunter les couloirs de bus…. En 2018, la moitié des voitures particulières vendues dans le pays étaient soit des véhicules électriques, soit des hybrides rechargeables. Et le pays compte interdire la vente des véhicules équipés d’un moteur à combustion dès 2025. Objectif empreinte carbone neutre d’ici à 2030. L’électricité étant produite à 95% par énergie hydraulique, le pays devra recourir en grande partie à l’achat de crédits compensatoires à l’étranger pour ramener à zéro le volume net d’émissions de gaz à effet de serre. Le pays renonce à un projet de forage dans les îles Lofoten (et donc à un pactole de 65 milliards de dollars), pour protéger cette région au nord du cercle polaire, qui abrite des milliers d’espèces végétales et animales, et la plus grande barrière de corail en eaux froides. Green buildings : les nouveaux immeubles de plus de 500 m² doivent désormais tirer 60% de leur énergie d’une source renouvelable. Et c’est dans ce pays qu’a été créée la norme à énergie positive ’Powerhouse’, la seule norme aujourd’hui à inclure le cycle des matériaux, la production énergétique, l’exploitation du bâtiment, la rénovation et la démolition dans son bilan énergétique! Tourisme durable, les fjords norvégiens, bientôt une zone à zéro émission: d’ici 2026, seuls les bateaux électriques pourront y circuler. Oslo consacrée capitale verte de l’Europe pour l’année 2019. Oslo innove sur plein de plans : transports électriques, réduction de la part des véhicules motorisés -et installation à la place de mobilier urbain, d’espaces verts, de pistes cyclables …-, interdiction dès 2020 de chauffer au mazout tout bâtiment, énergie produite à partir de l’incinération de déchets, aéroport collectant et stockant la neige pour refroidir le terminal en été…. Septième exportateur mondial de CO2 Ingrid Lomelde, stratège chez WWF Norway, parle de « dissonance cognitive », quand elle évoque la contradiction entre les paroles et les actes de la Norvège, le fait que le pays soit à la fois un pionnier de l’écologie et l’un des plus grands pollueurs à l’exportation. En jeu, on retrouve la manne pétrolière. La Norvège a bâti sa richesse sur le pétrole : découvert à la fin des années 60, le pétrole a transformé ce petit pays de pêcheurs, parmi les plus pauvres d’Europe, en l’un des pays les plus riches du monde (7ème pays le plus riche d’après les derniers chiffres du FMI). La Norvège est aujourd’hui le premier pays producteur de pétrole et de gaz naturel d’Europe de l’ouest.  Un secteur clef de l’économie : aujourd’hui pétrole et gaz naturel représentent plus de la moitié des exportations du pays, 20% des revenus de l’Etat et le secteur emploie directement ou indirectement 6% de la population active. En mars 2019, le gouvernement a affiché son souhait d’ouvrir 90 nouveaux blocs à l’exploration pétrolière au large des côtes nationales, une annonce faisant suite à l’octroi 2 mois plus tôt de 83 nouvelles licences d’exploitation. La Norvège exporte sa pollution : classée par l’ONU au 15ème rang des pays les vertueux du monde en matière d’impact environnemental (volume de CO² généré à l’intérieur de ses frontières), le pays plonge selon la même source au 128ème rang, si l’on tient compte de la pollution qu’elle exporte. Une transition nécessaire et opportune Les temps changent, et le pays a entamé sa transition pour sortir de l’âge du pétrole. Le Fonds souverain de Norvège verdit ses placements, et se désengage progressivement du secteur minier, pétrolier et gazier, pour limiter les risques financiers liés à la chute inévitable des prix du pétrole, en raison de la montée en puissance des énergies renouvelables Le fonds souverain le plus important au monde (1000 milliards de dollars), alimenté par les revenus de l’or noir, est autorisé à investir davantage dans les énergies renouvelables. Un signal fort sur les marchés financiers, le Fonds ayant souvent montré la voie en matière d’exclusion d’actifs présumés nocifs. • Le consensus politique autour du pétrole commence à se fissurer. Les Norvégiens réalisent l’urgence climatique et la nécessité de sortir d’un modèle qui n’est pas durable. • La lutte contre le changement climatique connaît une judiciarisation croissante. Même si le premier procès de justice climatique – les ONG Greenpeace Nordic et Nature et Jeunesse, accusant l’Etat norvégien de violer la Constitution du royaume et l’Accord de Paris (2015), en continuant de produire des énergies fossiles- a été une défaite (le jugement peut faire encore l’objet d’un appel), associations et citoyens risquent d’être de plus en plus nombreux à faire valoir leur droit à vivre dans un environnement sain. • Une contrainte, la transition énergétique, peut se transformer en opportunités, avec à la clef, de nouveaux débouchés : énergies renouvelables, efficacité énergétique, technologies propres, ville intelligente et durable… La Norvège dispose aujourd’hui d’atouts importants pour être un laboratoire de solutions et montrer l’exemple: le pays est faiblement peuplé (5 millions d’habitants), prospère, très riche en ressources naturelles (forêts, eau, mers, vent…), et capable d’impulser une politique volontariste en matière de transition écologique.

syndrome-de-l'autruche-georges-marshal

Devant les expressions de plus en plus manifestes et nombreuses du dérèglement climatique en cours, les discours se radicalisent pour tenter de provoquer un électrochoc, afin de redresser la barre au plus vite et de prendre des mesures radicales, voire de changer de modèle de société. Mais parler d’apocalypse et de fin de monde ne risque-t-il pas d’être contreproductif ? Aux antipodes, il y a les «autruches» et les négateurs du changement climatique… Comment communiquer efficacement sur ces enjeux cruciaux pour notre avenir et celui de nos enfants? • L’écoanxiété De nouveaux mots, comme éco-anxiété, dépression verte, névrose climatique, sont apparus, reflétant l’angoisse qui gagne de plus en plus de personnes. Elles entendent un climatologue de renom, Jean Jouzel, et un économiste, Pierre Larrouturou, alerter sur les risques proches de chaos climatique et financiers (Pour éviter le chaos climatique et financier, Odile Jacob, 2017), un biologiste, Pablo Servigne, et un chercheur, Raphaël Stevens, à l’origine du terme collapsologie (science de l’effondrement de la civilisation), parler de la fin inéluctable de notre civilisation (Comment tout peut s’effondrer, Seuil), ou encore la célèbre auteure de polars, Fred Vargas, ex-chercheuse au CNRS, dénonce dans son dernier livre (L’Humanité en péril, Flammarion), les crimes commis contre la planète, le poids des lobbys, et l’inaction des politiques… Des Australiens, David Spratt, directeur de recherche à Breakthrough, et Ian Dunlop, ex-cadre de l’industrie des énergies fossiles, s’appuyant sur le pire scénario possible, estiment même à 2050 le point de non-retour, et à trois décennies la forte probabilité selon laquelle la civilisation humaine toucherait à sa fin. Ces nouvelles font frémir. Mais font-elles réagir ou à l’inverse, baisser les bras et sombrer dans le défaitisme? Pour le philosophe Dominique Bourg*, «le récit écologique dominant est encore trop tendu vers la catastrophe pour devenir le levain d’une société nouvelle». • Le syndrome de l’autruche A l’opposé, on trouve le syndrome de l’autruche, dont parle le sociologue et philosophe américain George Marshall*, qui expliquerait en partie l’inertie de la population. Notre cerveau fonctionne sur un système de pertes et de gains. Or, ce qu’on demande aux gens, c’est de faire de nombreux sacrifices maintenant, en termes de confort et d’habitudes, pour éviter d’éventuelles pertes futures qui ne sont pas encore connues avec précision. Ajouté à cela le problème de dilution de la notion de responsabilité : pourquoi ferais-je quelque chose pour la planète, alors que les efforts déployés par les Etats pour respecter l’accord de Paris sont encore dérisoires et que mon voisin s’en contrefiche? • Entre éco anxiété et syndrome de l’autruche, quel discours tenir ? Déjà dire qu’il n’est pas trop tard, mais que l’horloge tourne et la mobilisation doit être rapide et massive, à tous les niveaux (Etats, entreprises, citoyens …). Dominique Bourg évoque l’encyclique inspirante du pape François, publiée en juin 2015, Laudato si‘*, dans laquelle le pape dénonce quatre attitudes perverses face au changement climatique : la négation du problème, l’indifférence, la résignation facile, et la confiance aveugle dans les solutions techniques. D’autres ressorts peuvent aider, selon lui, à construire le récit, notamment «le combat pour notre santé, contre l’empoisonnement agricole et industriel de notre environnement», et «la lutte pour nos libertés démocratiques contre les manigances des grands groupes et de leurs tribunaux arbitraux, qui réclament aux Etats, au nom de la protection de leurs investissements, des sommes folles quand ceux-ci ont le courage de défendre les intérêts ou la santé de leurs citoyens». Il faut aussi proposer une alternative à notre modèle de société, tendre pourquoi pas Vers la sobriété heureuse dont parle Pierre Rabhi*, qui nous ferait renouer avec la nature et nos émotions. Nous vivons majoritairement en ville, donc déconnectés de la nature, et de ce qui fait son équilibre. Il faut enfin montrer aux gens des solutions concrètes, aux impacts mesurables, en termes de qualité de vie, de santé, d’emplois, pour leur donner envie de faire partie de la solution. Le succès des villages des alternatives (Alternatiba) qui ont essaimé en France, ou d’un film comme Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, démontre qu’il y a une réelle attente en la matière. * Dominique Bourg, philosophe à l’université de Lausanne (Suisse), co-auteur notamment avec Alain Papaux du Dictionnaire de la pensée écologique (PUF, « Quadrige dicos poche », 2015) * Le syndrome de l’autruche de George Marshall, Actes Sud * Laudato si‘, du pape François * Vers la sobriété heureuse, de Pierre Rabhi, Actes Sud * Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent

caroline-barth-et de-arbre-de-nos-vies-la-seve-perle-encore-2b

Ce livre est porté par une belle et longue histoire d’amour et d’amitié. Lors de sa première rédaction en 2014, mon premier cercle de lecteurs a été familial (mari, enfants, mère, cousine, frère…), bienveillant, constructif et encourageant. Prévisible ! Une amie, agent littéraire, Cécile, m’a aidée à en finaliser l’écriture. Puis des amis à qui je l’ai fait lire m’ont fait part de leurs émotions. Normal, ce sont des amis… Je n’ai pas été plus loin, comme sans doute de nombreux autres auteurs. Fin 2018, à Maurice, une amie très proche, Virginie, m’a convaincue de ne pas le laisser dormir dans un tiroir. Une autre amie géniale, Denise, a eu la super idée de monter un club de lecture à Saint-Martin avec des « bêta-lectrices » que je ne connaissais absolument pas. Elles ont été très touchées, et leur enthousiasme m’a donné des ailes pour aller de l’avant et le publier. Je leur dois en plus le joli titre du livre et des conseils précieux. Laetitia et Thomas ont passé des heures pour trouver le visuel de la couverture. Merci à vous tous du fond du cœur, car vous m’avez donné l’audace et l’énergie d’autoéditer ce premier roman. Découvrez livre à la Fnac, Amazon et sur 200 autres librairies en ligne.

caroline_barth_bain_de_foret

Connaissez-vous le Shinrin Yoku*, l’art et la science du bain de forêt ? J’ai découvert récemment les bienfaits de ces bains de forêts, prouvés scientifiquement au Japon par le Dr Qing Li. Bien sûr, en sortant d’une balade en forêt, j’ai toujours l’impression de me ressourcer, d’avoir pris un bol d’air pur, de m’être imprégnée avec délice des odeurs, des sons – les chants des oiseaux, le bruit du vent dans les feuillages…-, de la beauté des arbres aux couleurs changeantes, en fonction du soleil et des saisons. Mais je sais maintenant pourquoi j’éprouve un tel bien-être. Des études scientifiques ont prouvé qu’un bain de forêt de deux heures seulement suffit à : diminuer la pression artérielle et le stress ; améliorer les fonctions cardiovasculaires et le métabolisme ; diminuer le taux de glycémie ;améliorer la concentration et la mémoire ; jouer sur les humeurs plus positives ; donner plus d’énergie ; renforcer le système immunitaire via l’augmentation du nombre de cellules tueuses naturelles (cellules NK) ; accroître la production de protéines contre le cancer ; faciliter la perte de poids… De telles découvertes devraient nous inciter à nous balader davantage en forêts, les aimer et les protéger. * Shinrin Yoku – L’art et la science du bain de forêt – Dr Qing Li, aux éditions First * Crédit de l’image: Lone Raffray

marche pour le climat mars 2019 paris

Agir plus tard, ce sera agir trop tard. C’est en substance l’appel lancé fin 2017 par plus de 15 000 scientifiques de 184 pays, soulignant l’état très dégradé de la planète et enjoignant responsables politiques et décideurs à tout mettre en œuvre pour préserver l’environnement et les écosystèmes. Ce cri d’alarme semble avoir marqué le début d’une nouvelle ère. Depuis plusieurs mois, les signes que les lignes commencent à bouger se multiplient. Petit tour d’horizon : • La mobilisation des jeunes prend de l’ampleur Grèves scolaires pour le climat, marches, désobéissance civile … Les jeunes du monde entier se mobilisent pour alerter sur l’urgence climatique, bien décidés à secouer l’apathie des politiques et à prendre leur avenir en mains. L’activiste suédoise Greta Thunberg, figure de proue de ce mouvement planétaire, a reçu en juin 2019 le prestigieux prix d’«ambassadrice de conscience» décerné par Amnesty International. • La judiciarisation de la lutte contre le changement climatique est croissante Etats et compagnies sont de plus en plus poursuivis pour leur contribution au changement climatique ou leur inaction climatique. Citons deux exemples, parmi des centaines d’autres. A l’instar de plusieurs villes de Californie, la ville de New-York poursuit cinq grandes sociétés pétrolières – BP, Chevron, ConocoPhillips, Exxon Mobil et Royal Dutch Shell- pour « contribution au réchauffement de la planète » et réclame plusieurs milliards de dollars de dommages et intérêts. En France, « l’affaire du siècle » menée par 4 ONG –Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France- , poursuit l’Etat français pour action insuffisante contre le réchauffement climatique. Elle a été soutenue par près de 2,2 millions de pétitionnaires, un record en France. • Le risque climatique pèse davantage sur les marchés financiers Après le charbon, le fonds souverain norvégien -le plus important au monde (avec plus de 1000 milliards de dollars d’actifs), a décidé en mars 2019 de ne plus investir dans le pétrole et le gaz .134 entreprises du secteur seront progressivement exclues du portefeuille du fonds. C’est un signal fort adressé aux banques privées et aux investisseurs, dont les actifs pétroliers et gaziers vont devenir de plus en plus risqués et difficiles à justifier moralement. • Des entreprises sont montrées du doigt pour leur manque de transparence sur leur performance environnementale Plus de 700 sociétés exerçant dans 46 pays ont été épinglées par le Carbon Disclosure Project (CDP), une organisation non gouvernementale à but non lucratif, pour leur manque de transparence concernant l’impact de leurs activités sur le changement climatique, la sécurité de l’eau et les forêts. Parmi elles, Amazon, Volvo, Alibaba, Qantas Airways … Cette opération de « name and shame » est d’envergure, puisque plus de 7 000 entreprises et 620 villes ont répondu au questionnaire envoyé. Ces données du CDP, fiables et comparables, permettent aux grands fonds de pension, gestionnaires d’actifs, ou assureurs, d’investir dans les entreprises les plus respectueuses de l’environnement. • Les écologistes font une percée historique aux européennes de mai 2019 Une vague verte parcourt l’Europe et l’urgence climatique a été un enjeu majeur des élections européennes. En France, la liste d’Europe Ecologie-Les Verts, avec 13,47% des suffrages, est devenue la première force politique de gauche- devant La France insoumise et le PS-, et la troisième force politique de France. Les électeurs, conscients du poids de l’Europe en matière de réglementation sur la protection de l’environnement (qualité de l’air et de l’eau, protection des espaces naturels, interdiction de la pêche électrique…), s’en sont remis aux Verts pour faire de l’écologie, préférant l’original à la copie. Des scores à deux chiffres ont été atteints dans de nombreux autres pays (Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Belgique, Danemark, Finlande, Autriche, Suède, République Tchèque, Lituanie). Les Verts devraient pouvoir jouer un rôle pivot pendant la législature. • Des journaux comme The Guardian adoptent un langage plus musclé et dramatique Les journalistes doivent désormais parler d’urgence ou de crise climatique, et non pas de changement climatique, et troquer le terme de climato sceptiques contre celui de négateurs de la science climatique. Bien nommer les choses, c’est déjà un premier pas. Ajoutons que le journal a désormais dans sa page météo une colonne pour mentionner le niveau de dioxyde de carbone [CO2] présent dans l’atmosphère, qui ne cesse malheureusement de grimper. Cette convergence d’actions et d’intérêts saura-t-elle amplifier la prise de conscience et accélérer à temps la lutte contre le changement climatique ? Il est urgent de comprendre que tout est lié, environnement, économie, bien-être, santé, paix…

jeûne hydrique

Une nouvelle fois, je jeûne. Trois jours. Ce n’est pas le bout du monde. Et, ce qui est formidable, c’est qu’on sait maintenant, grâce à une étude menée par Valter Longo*, professeur de gérontologie et de sciences biologiques à l’Université de Californie du Sud, que 3 jours de jeûne peuvent régénérer complètement le système immunitaire. Explications. Non seulement je renforce mon système immunitaire (affamer mon corps incite mes cellules souches à produire de grandes quantités de globules blancs), mais je le régénère aussi complètement. Mon corps privé de nourriture utilise son glucose, sa graisse et ses cétones de réserve et recycle également un grand nombre de cellules de mon système immunitaire inutiles, anciennes, ou endommagées. Une sorte de petite vidange interne. Le jeûne a un autre effet bénéfique, il réduit les niveaux d'IGF-1, une hormone de facteur de croissance liée au vieillissement, à la progression de la tumeur et au risque du cancer. Comme le résume le professeur Valter Longo*, « Il n’y a pas de preuve que jeûner soit dangereux, mais il y a de grandes preuves que ce soit bénéfique ». Un jeûne, ça se prépare Quelques jours avant de démarrer le jeûne, j’adopte une nourriture végétarienne, puis liquide (et toujours végétarienne). La veille, je bois au moins un litre d’eau tiède avec un sachet de chlorure de magnésium (pour accélérer la purge intestinale), et ensuite pendant 3 jours je ne prends que de l’eau et des tisanes, et je fais attention à bien m’aérer, marcher, respirer, pratiquer le yoga et la méditation. La pratique du jeûne hydrique affûte l’esprit et donne l’impression d’avoir une plus grande acuité visuelle et auditive. La faim ne me tenaille pas, mais j’évite d’être tentée, donc je refuse déjeuners et dîners avec les amis pendant 3 jours. La reprise alimentaire doit être ensuite douce, liquide, et végétarienne dans un premier temps… *déjà cité dans le documentaire, « Le jeûne, une nouvelle thérapie » de Thierry de l’Estrade. Son étude a été publiée dans la revue scientifique Cell Stem Cell - 5 juin 2014

caroline-barth-et de-arbre-de-nos-vies-la-seve-perle-encore-fb

Un livre qui donne une furieuse envie de vivre, d’aimer et de dire aux personnes qu’on aime qu’on les aime. Alexandra est jeune, belle, insolemment insouciante. Elle est de celles à qui rien ni personne ne résiste. Mais la vie taquine, la vie chahute, et Alexandra apprend sa maladie. Elle vacille. C'est à trois qu'elles vont faire front : Alexandra, Anne, sa mère, et Ambre, sa sœur. Tour à tour, de leurs trois voix mêlées, ces trois femmes nous racontent leurs doutes, leurs espoirs, la maladie, l'amour... en un mot, la vie... Sur un tempo qui leur échappe, elles entrent dans une danse d'ondes et de vibrations, qui les emporte loin, très loin, au-delà d'elles-mêmes. Découvrez-le à la Fnac, Amazon et sur 200 autres librairies en ligne.